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Rupture conventionnelle et accident du travail

Mis à jour le 16/07/2020

Temps de lecture estimé à 4 min

Rédigé par des auteurs spécialisés pagesjaunes

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Rendez-vous professionnel au travail pour la signature d'un cdd ou cdi
© Getty Images / Daniel Ernst
Rupture du contrat d'un commun accord

Sommaire.

  1. Rupture conventionnelle et accident du travail : principe de la rupture conventionnelle
  2. Position des institutions administratives et judiciaires

La rupture conventionnelle est un troisième mode de rupture du contrat de travail, à côté du licenciement et de la démission. Elle permet à l’employeur et au salarié en contrat à durée indéterminée (CDI) de convenir d’un commun accord des conditions de la rupture du contrat de travail qui les lie.

Elle ne peut être imposée par l’une ou l’autre des parties. La rupture conventionnelle fait l’objet d’un régime juridique très encadré (article L 1237-11 à L 1237-16 du Code du travail). Cet article examine le cas des ruptures conventionnelles en période d’accident du travail.

Bon à savoir

Depuis le 1er janvier 2020, et à titre expérimental jusqu’au 31 décembre 2025, la rupture conventionnelle est possible pour les fonctionnaires et les agents publics contractuels. Un fonctionnaire et l’administration qui l’emploie peuvent donc conclure une convention de rupture du contrat de travail dans les mêmes conditions que celles existant dans le secteur privé (loi n° 2019-1446 du 24 décembre 2019 de financement de la sécurité sociale pour 2020et décret n° 2019-1593 du 31 décembre 2019). Un arrêté du 6 février 2020 fixe cinq modèles de convention de rupture conventionnelle applicables aux fonctionnaires et aux agents contractuels des trois versants de la fonction publique, aux ouvriers des établissements industriels de l’État et aux praticiens hospitaliers.

Rupture conventionnelle et accident du travail : principe de la rupture conventionnelle

La signature d’une rupture conventionnelle s’effectue dans le strict respect du consentement de chacune des parties.

Le salarié ne peut pas imposer une rupture conventionnelle à l’employeur. De même, l’employeur ne peut pas l’imposer au salarié, qui doit donner un consentement libre et éclairé sur le contenu et les conséquences de cette rupture.

Un vice du consentement (erreur, dol ou violence) rend la rupture conventionnelle illégale.

Bon à savoir

Rappel : la rupture conventionnelle est ouverte au salarié employé en contrat à durée indéterminée (CDI) dans le secteur privé, qu’il soit protégé ou non. En revanche, ce dispositif ne s’applique pas aux salariés en contrat à durée déterminée ou en contrat temporaire, ni aux agents de la fonction publique.

Position des institutions administratives et judiciaires

Il est intéressant ici de distinguer la position de l’administration et celle de la Cour de cassation.

La position de l’Administration

Pour l’Administration, il n’est pas possible de signer une rupture conventionnelle en cas de suspension du contrat de travail lorsque celle-ci donne lieu à une protection particulière.

Il en est notamment ainsi lorsque la suspension du contrat de travail est due à un congé maternité ou un arrêt de travail pour accident du travail ou maladie professionnelle (circulaire 2009-5 du 17 mars 2009).

Position de la Cour de cassation

Une jurisprudence favorable

La Cour de cassation précise pour la première fois, dans un arrêt en date de 2014, qu’une rupture conventionnelle peut être valablement conclue au cours de la période de suspension du contrat de travail consécutive à un accident du travail ou à une maladie professionnelle (Cass. soc. 30 septembre 2014, n° 13-16.297). Cette jurisprudence a d’ailleurs été confirmée (16 décembre 2015, n° 13-27.212).

Il est donc tout à fait possible d’envisager une rupture conventionnelle pendant la période d’arrêt de travail. Il en va de même durant la période qui sépare le retour du salarié dans l’entreprise et la tenue de la visite médicale de reprise obligatoire. Cette visite a notamment lieu après une maladie professionnelle ou une absence d’au moins 30 jours pour accident du travail.

De même, une rupture conventionnelle peut être valablement conclue entre un employeur et un salarié déclaré inapte à son poste à la suite d’un accident du travail (Cass. soc., 9 mai 2019, n° 17-28.767). Cette solution permet à l’employeur d’éviter un licenciement pour inaptitude et donc de s’exonérer d’une recherche de reclassement et du paiement de l’indemnité spécifique de licenciement et de l’indemnité compensatrice, sauf cas de fraude ou de vice du consentement.

Une prise de position à nuancer

Les juges rappellent que la rupture conventionnelle n’est possible qu’en l’absence de vice du consentement et de fraude de l’employeur. Ainsi, une rupture conventionnelle signée alors qu’il existait un contexte de violence morale est nulle.

La rupture produit alors les effets d’un licenciement sans cause réelle et sérieuse (Cass. soc, 30 janvier 2013, n° 11-22.332).

Pour limiter les contestations relatives à un vice du consentement, il est vivement recommandé d’obtenir un consentement écrit du salarié. Cet écrit permet à l’employeur de prouver plus facilement sa bonne foi en cas de contentieux ultérieur.

Bon à savoir

La rupture conventionnelle peut valablement être conclue pendant le congé de maternité d’une salariée et dans les quatre semaines suivant la fin de son congé (Cass. soc., 25 mars 2015, n° 14-10.149). Dès lors, il semble que la Cour de cassation admettrait une rupture conventionnelle suite à un accident qui n’est pas lié au travail.

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