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Formalités licenciement

Mis à jour le 03/10/2023

Temps de lecture estimé à 12 min

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Requalification démission en licenciement
Rupture du contrat à l’initiative de l’employeur

Sommaire.

  1. Formalités licenciement économique
  2. Formalités licenciement pour faute
  3. Formalités licenciement : documents à remettre

Les formalités de licenciement varient selon qu’il s’agit d’un licenciement pour motif économique ou pour faute du salarié.

Formalités licenciement économique

Il existe deux types de licenciement économique :

  • le licenciement économique individuel ;
  • le licenciement économique collectif.

Licenciement économique individuel

Lorsque les problèmes économiques concernent le poste d’un seul salarié, celui-ci peut faire l’objet d’un licenciement économique individuel.

L’employeur doit alors convoquer le salarié à un entretien préalable en l’informant :

  • de la date, de l’heure et du lieu de l’entretien ;
  • de l’objet de l’entretien ;
  • de la possibilité de se faire assister par la personne de son choix au sein de l’entreprise ou par un conseiller figurant sur la liste déposée à la mairie et à l’inspection du travail.

Cette convocation doit être :

  • soit envoyée en lettre recommandée au moins 5 jours ouvrables avant la date de l’entretien ;
  • soit remise en mains propres contre décharge au moins 5 jours ouvrables avant la date de l’entretien.

Le délai minimum entre la convocation et la tenue de l’entretien préalable est de 5 jours ouvrables suivant le jour de la première présentation de la lettre de convocation. Le jour de la réception de la lettre, le jour de l’entretien et les jours non travaillés ne sont pas pris en compte. Ainsi, l’entretien ne peut avoir lieu qu’à partir du 6e jour ouvrable suivant la première présentation de la lettre de convocation.

Bon à savoir

Si le délai de 5 jours expire un samedi, un dimanche ou un jour férié ou chômé, il est prolongé jusqu’au jour ouvrable suivant. Lorsque le délai expire un samedi ou un dimanche, l’entretien ne peut donc pas être prévu le lundi. En effet, le lundi correspond alors, suite à la prolongation, à la fin du délai minimum.

Par principe, un entretien préalable au licenciement doit se tenir en présence physique des parties. En revanche, il peut se dérouler par téléconférence si l’éloignement géographique des parties l’oblige, dès lors que les droits du salarié sont respectés et qu’il est en mesure de se défendre utilement (CA Versailles, 4 juin 2020, n° 17/04940).

Lors de l’entretien préalable, l’employeur doit informer le salarié des motifs de son licenciement économique.

Bon à savoir

Pour les entreprises de moins de 1 000 salariés, en redressement ou en liquidation judiciaire, l’employeur doit également proposer un contrat de sécurisation professionnelle (CSP). ​Le dispositif du CSP a été prolongé jusqu’au 31 décembre 2023 (arrêté du 9 juin 2023 portant agrément de l’avenant n° 7 du 15 mars 2023 à la convention du 26 janvier 2015).

Sans réponse de la part du salarié, ou en cas de refus, l’employeur peut notifier le licenciement au salarié au plus tôt 7 jours ouvrables après l’entretien préalable par lettre recommandée avec accusé de réception.

Cette notification doit mentionner :

  • la nature exacte et précise du licenciement pour motif économique ;
  • la priorité pour un nouvel emploi dans l’entreprise et le congé de reclassement dont il peut bénéficier.

Le décret n° 2017-1820 du 29 décembre 2017, pris en application de l’ordonnance n° 2017-1387 du 22 septembre 2017, propose 6 modèles types de lettres de notification de licenciement, dont notamment un modèle de lettre de licenciement pour motif économique individuel. Ces modèles sont facultatifs pour l‘employeur et peuvent être adaptés à la situation spécifique du salarié.

8 jours après l’envoi de la notification de licenciement, l’employeur doit prévenir la direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités (DREETS, remplaçant la DIRECCTE depuis le 1er avril 2021).

Bon à savoir

L’employeur peut donner mandat à une personne appartenant au personnel de l’entreprise (directeur des ressources humaines, directeur financier, etc.) pour signer la lettre de licenciement. Ce mandat ne suppose aucune condition de forme, il n’est donc pas nécessaire qu’une délégation de pouvoir écrite soit rédigée (Cass. soc., 29 septembre 2010, n° 09-42.296). Pour autant, le chef d’entreprise ne peut aucunement donner mandat à une personne extérieure à l’entreprise (expert comptable, avocat, etc.). À défaut, le licenciement est considéré comme étant dépourvu de cause réelle et sérieuse (Cass. soc., 26 avril 2017, n° 15-25.204).

À noter

L’employeur est tenu de rechercher des possibilités de reclassement sur le territoire national, dans l’entreprise ou les autres entreprises du groupe (à condition que leur organisation, leurs activités et leur lieu d’exploitation assurent la permutabilité du personnel) et de les proposer au salarié. Les offres de reclassement doivent être adressées directement par écrit au salarié ou lui être communiquées par tout moyen via une liste (ordonnance n° 2017-1387 du 22 septembre 2017 relative à la prévisibilité et la sécurisation des relations de travail, laquelle a par ailleurs supprimé l’obligation de proposer au salarié qui le demande des offres de reclassement à l’étranger si le groupe auquel l’entreprise appartient est implanté hors du territoire national). L’obligation de reclassement ne s’étend cependant pas, sauf disposition conventionnelle le prévoyant, à d’autres entreprises qui ne relèvent pas d’un même groupe (Cass. soc., 8 janvier 2020, n° 18-14.373).

Tout salarié licencié pour motif économique bénéficie d’une priorité de réembauche pendant une durée d’un an à compter de la date de rupture de son contrat s’il en fait la demande dans ce délai. Le délai d’un court à compter de la date à laquelle prend fin le préavis, qu’il soit exécuté ou non.

Ce délai peut être prolongé lorsque le salarié prend un congé de reclassement au cours du préavis même si le salarié est dispensé d’exécuter ce préavis, dans la mesure où la durée du congé de reclassement qui excède la durée du préavis engendre le report du terme de ce dernier jusqu’à la fin du congé de reclassement (Cass. soc., 11 décembre 2019, n° 18-18.653).

Tant qu'on en parle
Reclassement

Licenciement économique collectif

Les formalités de licenciement économique sont basées sur le même principe que pour un licenciement économique individuel, cependant les employeurs sont soumis à des obligations supplémentaires :

  • en cas de licenciement de moins de 10 salariés, l’employeur doit informer les représentants du personnel de son projet de licenciement ;
  • en cas de licenciement de 10 salariés ou plus :
    • l’employeur doit :
      • informer les représentants de son projet de licenciement ;
      • transmettre le projet de licenciement à la DREETS ;
    • les représentants du personnel doivent tenir 2 réunions ;
    • la notification des licenciements doit être adressée à la DREETS ;
    • les notifications de licenciement doivent être adressées aux salariés dans un délai minimal de 30 jours après la notification à la DREETS.
Bon à savoir

Important : lorsqu’une entreprise d’au moins 50 salariés procède à 10 licenciements économiques ou plus sur une période de 30 jours, elle doit mettre en place un plan de sauvegarde de l’emploi.

Bon à savoir

Dans le cadre d’un licenciement économique collectif, la DREETS peut demander des informations à l’employeur. Depuis le 2 décembre 2019, les échanges avec l’Administration s’effectuent via le portail « RUPCO » (arrêté du 21 octobre 2019).

Le décret n° 2017-1820 du 29 décembre 2017, pris en application de l’ordonnance n° 2017-1387 du 22 septembre 2017, propose 6 modèles types de lettres de notification de licenciement. Ces modèles sont facultatifs pour l‘employeur et peuvent être adaptés à la situation spécifique du salarié. Le décret propose ainsi notamment des modèles de lettres de licenciement :

  • pour motif économique pour les petits licenciements collectifs de moins de 10 salariés dans une même période de 30 jours, ou d’au moins 10 salariés dans une même période de 30 jours dans une entreprise de moins de 50 salariés ;
  • pour motif économique pour les grands licenciements collectifs avec plan de sauvegarde de l’emploi d’au moins 10 licenciements sur une même période de 30 jours dans une entreprise de plus de 50 salariés.

Formalités licenciement pour faute

Un employeur peut licencier un salarié pour :

  • faute grave : lorsque le maintien du salarié dans l’entreprise est impossible en raison d’une violation de ses obligations définies dans le contrat de travail ;
  • faute lourde : lorsque le salarié a eu la volonté de nuire à l’entreprise ;
  • inaptitude du salarié à remplir les fonctions prévues dans le contrat de travail.
À noter

La faute grave prive, en principe, le salarié de son droit à préavis et de son droit à indemnité compensatrice de préavis. Ce principe s’applique sauf dispositions conventionnelles ou contractuelles plus favorables. Ainsi, dès lors que le contrat de travail d’un salarié mentionne un préavis de plusieurs mois en cas de rupture du contrat du fait de l’une ou l’autre des parties, sans établir de distinction selon le motif de la rupture, le salarié doit bénéficier d’un préavis de licenciement ou d’une indemnité compensatrice même si le licenciement est fondé sur une faute grave (Cass. soc., 20 mars 2019, n° 17-26.999).

L’employeur doit alors convoquer le salarié à un entretien préalable dans un délai de 2 mois maximum suivant la date à laquelle il a pris connaissance des faits fautifs.

Bon à savoir

Pour s’assurer de la réalité et de la nature des faits reprochés au salarié, l’employeur peut être contraint de procéder à des vérifications en demandant, par exemple, une enquête interne ou un audit. Dans cette hypothèse, le délai de prescription de 2 mois commence à courir une fois que l’enquête est réalisée et que les conclusions sont portées à la connaissance du salarié (Cass. soc., 10 juillet 2019, n° 18-11.254).

La convocation doit mentionner :

  • la date, l’heure et le lieu de l’entretien ;
  • l’objet de l’entretien ;
  • la possibilité pour le salarié de se faire assister par la personne de son choix au sein de l’entreprise ou par un conseiller figurant sur la liste déposée à la mairie et à l’inspection du travail.

La convocation doit être envoyée par lettre recommandée ou être remise contre décharge au moins 5 jours ouvrables avant la date de l’entretien.

Bon à savoir

Si le délai de 5 jours expire un samedi, un dimanche ou un jour férié ou chômé, il est prolongé jusqu’au jour ouvrable suivant. Lorsque le délai expire un samedi ou un dimanche, l’entretien ne peut donc pas être prévu le lundi. En effet, le lundi correspond alors, suite à la prolongation, à la fin du délai minimum.

Lors de l’entretien, l’employeur doit indiquer au salarié les motifs du licenciement envisagé et prendre part des explications du salarié. L’employeur peut envoyer une notification de licenciement 2 jours ouvrables après l’entretien, en courrier recommandé avec accusé de réception.

Bon à savoir

Si l’employeur décide de changer la date de l’entretien préalable, cela n’a aucune conséquence sur le point de départ du délai de 2 jours. Celui-ci reste fixé à la date initialement prévue et non pas à la date à laquelle l’entretien a réellement eu lieu suite au changement effectué par l’employeur.

La notification du licenciement doit être adressée par lettre recommandée avec accusé de réception à l’adresse déclarée par le salarié. Un employeur qui commet une erreur sur le prénom du destinataire empêchant l’acheminement du courrier peut voir le licenciement annulé pour cause d’irrégularité.

Bon à savoir

De même, si le salarié ne reçoit pas la notification de licenciement en raison d’une erreur dans l’adresse inscrite sur le formulaire d’accusé de réception, le licenciement pourra être jugé sans cause réelle et sérieuse (Cass. soc., 24 mai 2018, n° 17-16.362).

En revanche, la Cour de cassation a précisé que, lorsque la notification de licenciement est retournée à l’employeur avec la mention « défaut d’accès ou d’adressage », l’irrégularité du licenciement n’a pas lieu d’être, dès lors que l’employeur a bien notifié le licenciement à l’adresse exacte du domicile du salarié dans le délai d’un mois. En effet, le défaut d’acheminement par les services postaux n’est pas de nature à entacher la régularité du licenciement puisque cette non-réception est étrangère à toute mauvaise intention de l’employeur (Cass. soc., 30 novembre 2017, n° 16-22.569).

Bon à savoir

Le décret n° 2017-1820 du 29 décembre 2017 propose un modèle de lettre de licenciement pour motif personnel disciplinaire pour faute sérieuse, grave ou lourde.

À noter

Un salarié en arrêt de travail suite à un accident du travail ou une maladie professionnelle ne peut pas être licencié sauf pour une faute grave ou en cas d’impossibilité de maintenir le contrat pour un motif étranger à l’accident. Dans l’hypothèse où l’employeur licencie le salarié en arrêt de travail pour faute grave, il doit explicitement indiquer dans la lettre de licenciement la mention « licenciement pour faute grave ». À défaut, le licenciement est nul (Cass. soc., 20 novembre 2019, n° 18-16.715).

Formalités licenciement : documents à remettre

Principe

Quel que soit le motif de licenciement, l’employeur doit remettre au salarié :

  • un certificat de travail qui reprend les dates d’entrée et de sortie de l’entreprise du salarié ;
  • un solde de tout compte qui indique la somme versée au salarié à son départ ;
  • une attestation de droit individuel de formation qui reprend :
    • les droits acquis ;
    • les droits utilisés ;
  • une attestation Pôle emploi.

Attestation Pôle emploi et DSN

Depuis le 1er janvier 2017, la fin de contrat d’un salarié doit être déclarée par tous les employeurs via la procédure DSN.

Pour cela, l’employeur doit suivre la procédure suivante :

  • effectuer le signalement de la fin du contrat en procédure DSN et transmettre l’attestation d’assurance chômage au Pôle emploi (AED, « attestation employeur dématérialisée ») ;
  • imprimer l’attestation employeur rematérialisée (AER) disponible sur le tableau de bord de la DSN et la remettre au salarié pour satisfaire son obligation prévue à l’article R. 1234-9 du Code du travail.
Bon à savoir

Un arrêté du 7 mars 2019, publié au JO du 26 juillet 2019, précise le contenu de la DSN. Ce contenu s’applique pour les DSN transmises au titre des paies effectuées à compter du 27 juillet 2019.

En revanche, certains employeurs ont l’obligation de poursuivre la transmission de l’attestation d’assurance chômage, hors procédure DSN, à Pôle emploi jusqu’au plus tard le 1er janvier 2020 (décret n° 2019-613 du 19 juin 2019). Un arrêté doit fixer une date fixe pour mettre fin à cette exception.

Cette exception s’applique aux cas particuliers suivants :

  • signalement de la fin d’un contrat de travail dont le début et la fin interviennent entre deux échéances successives de transmission de la DSN (hormis les contrats de mission des salariés des entreprises de travail temporaire, les CDD des salariés des associations intermédiaires, les CDD saisonniers et CDD d’usage) ;
  • signalement de la fin de contrat de travail du personnel navigant de la marine marchande, des marins-pêcheurs, des ouvriers dockers, des ouvriers et techniciens de l’édition d’enregistrement sonore, de la production cinématographique et audiovisuelle, de la radio, de la diffusion et du spectacle.
À noter

La fin d’un CDD d’usage peut être signalée via la DSN mensuelle depuis le 26 novembre 2018 (sauf opposition du salarié, contrat à cheval sur 2 mois ou contrats des intermittents du spectacle).

Bon à savoir

S’agissant de ces contrats particuliers, l’employeur doit transmettre l’attestation d’assurance chômage soit par voie électronique pour les employeurs dont l’effectif est supérieur à 10 salariés soit par voie postale (à l’adresse suivante : Pôle emploi – Centre de traitement – BP 80069 – 77213 Avon cedex) ou voie électronique pour les autres employeurs.

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