Passés les 45 premiers jours, le contrat d’apprentissage doit aller jusqu’au bout de sa durée ou être rompu uniquement dans trois hypothèses prévues par le Code du travail. La rupture du contrat de travail peut être à l’initiative du salarié ou de l’employeur.
Il existe différents types de rupture d’un contrat de travail dont la démission, le départ à la retraite, le départ négocié et les ruptures anticipées.
On trouve 3 types de ruptures anticipées du contrat de travail :
- rupture anticipée du CDD ;
- rupture anticipée du contrat d’apprentissage ;
- rupture anticipée du contrat de professionnalisation.
Rupture du contrat d’apprentissage pendant la période d’essai
Les 45 premiers jours du contrat d’apprentissage sont l’équivalent d’une période d’essai pour l’employeur et l’apprenti.
Comme tout contrat de travail, le contrat d’apprentissage comporte au tout début une période d’évaluation qui permet :
- aux parties de se jauger l’une l’autre ;
- à l’apprenti de tester l’entreprise et le métier.
Rupture de la période d’essai du contrat d’apprentissage : modalités
Pendant les 45 premiers jours du contrat, la rupture du contrat d’apprentissage est facilitée :
- les parties peuvent se séparer facilement ;
- chacune d’elle a le droit de rompre le contrat :
- unilatéralement et sans délai ;
- sans procédure et/ou motivation écrite même si la rupture anticipée du contrat d’apprentissage celle-ci doit être notifiée par écrit.
Rupture de la période d’essai du contrat d’apprentissage : absence d’indemnité
La rupture du contrat d’apprentissage pendant les 45 premiers jours ne peut donner lieu au versement automatique d’une indemnité de dédommagement, sauf si le contenu du contrat d’apprentissage le prévoit.
En revanche, si elle est fautive et/ou abusive, la rupture peut entraîner une condamnation judiciaire à réparation : la partie fautive doit dédommager la partie qui a subi un préjudice du fait de la rupture abusive du contrat d’apprentissage.
Rupture du contrat d’apprentissage hors période d’essai
Une fois les 45 premiers jours écoulés, la rupture du contrat d’apprentissage n’est possible que dans les cas limitativement prévus par le Code du travail.
Comme les autres CDD, le contrat d’apprentissage prend fin lorsque :
- la durée prévue au contrat s’est écoulée ;
- son objet est réalisé : l’acquisition par l’apprenti d’une formation certifiée.
Cependant, des particularités existent et s’appliquent obligatoirement passés les 45 premiers jours du contrat.
Conditions obligatoires pour la rupture du contrat d’apprentissage par l’une des parties
Ni l’employeur, ni l’apprenti ne peut rompre directement le contrat et/ou obtenir sa rupture avant la fin de son terme par d’autres moyens que les suivants.
Accord commun des parties
Modalité : résiliation amiable.
Formalisme : convention/protocole :
- écrit (similaire à un protocole de départ négocié) ;
- signé des 2 parties (dont l’apprenti lui-même ou son représentant légal) ;
- sans extorsion de signature et/ou vice de consentement ;
Formalités : notification d’un exemplaire de la convention :
- au directeur du CFA ;
- à l’organisme ayant enregistré le contrat (chambre de commerce ou chambre des métiers).
Rupture unilatérale : contrats conclus depuis le 1er janvier 2019
Pour les contrats conclus depuis le 1er janvier 2019, le contrat d’apprentissage peut être rompu de façon unilatérale sans avoir recours au conseil des prud’hommes.
Modalité : licenciement ou démission.
En cas de rupture à l’initiative de l’employeur, la rupture du contrat d’apprentissage prend la forme d’un licenciement. Il doit être justifié par une faute grave de l’apprenti, un cas de force majeure, une inaptitude médicale ou le décès de l’employeur maître d’apprentissage.
En cas de rupture à l’initiative de l’apprenti, celui-ci doit saisir le médiateur et respecter un préavis défini par le décret n° 2018-1231 du 24 décembre 2018 :
- l’employeur doit être informé de l’intention de rompre le contrat dans un délai minimum de 5 jours calendaires après saisine du médiateur ;
- la rupture du contrat d’apprentissage ne peut intervenir qu’après un délai minimal de 7 jours après la date d’information de l’employeur.
Résiliation judiciaire : contrats conclus avant le 1er janvier 2019
Modalité : résiliation par procédure devant le conseil de prud’hommes.
Formalité : assignation en remplissant un formulaire au greffe du conseil de prud’hommes.
Motifs : faute grave de l’une des parties et/ou manquements répétés de l’une des parties à ses obligations :
Illustrations :
- employeur en cause : violences contre l’apprenti, non-inscription de l’apprenti aux sessions d’examens, absence d’initiation sérieuses aux aspects pratiques du métier, etc.
- apprenti en cause : défauts de participation répétés et injustifiés aux cours du CFA, suites d’absences de l’entreprise non motivées et non justifiées, refus d’exécuter des tâches faisant partie de la formation pratique en entreprise, etc.
Preuve : la partie qui invoque et se prévaut de la faute grave et/ou des manquements de l’autre partie doit en rapporter la preuve explicite.
Conséquences :
- si la demande de résiliation est acceptée :
- a) le contrat d’apprentissage est rompu aux torts de l’une des parties à une date que la décision de justice détermine elle-même ;
- b) la partie dont les torts ont été constatés est condamnée au paiement de dommages-intérêts à l’autre partie, employeur ou apprenti ;
- si la demande de résiliation est refusée : le contrat d’apprentissage doit continuer d’être exécuté par les deux parties.
Obtention du diplôme (avant la fin du contrat)
Modalité : rupture unilatérale par l’apprenti.
Formalité : notification écrite (comportant motif de la rupture et date de prise d’effet) par l’apprenti à :
l’employeur ;
au directeur du CFA et à l’organisme ayant enregistré le contrat.
Délai de prévenance : 2 mois avant effectivité de la rupture.
Suspension administrative de rupture du contrat d’apprentissage
En dehors des procédures de rupture du contrat d’apprentissage unilatérales ou d’un commun accord, il existe une procédure administrative de suspension du contrat d’apprentissage (inspection du travail/direction régionale de l’emploi).
Elle poursuit les mêmes objectifs en cas de risques sérieux d’atteinte à la santé et/ou à l’intégrité physique ou morale de l’apprenti.
Après enquête de l’inspection du travail pendant laquelle le contrat d’apprentissage est suspendu, le directeur régional de l’emploi peut, si les faits sont avérés :
- refuser d’autoriser la reprise du contrat ;
- ce qui entraîne sa nullité.
En réparation, l’apprenti a droit :
- au paiement des salaires qu’il aurait perçus si le contrat avait été mené jusqu’à son terme ;
- d’éventuels dommages-intérêts.
Rupture du contrat d’apprentissage : conséquences financières
La rupture du contrat d’apprentissage peut contraindre l’employeur à reverser les aides financières perçues telles que l’aide unique à l’apprentissage pour les contrats conclus avant 2023 ou la nouvelle aide instaurée pour les contrats conclus depuis le 1er janvier 2023.
L’aide unique à l’apprentissage remplace, depuis le 1er janvier 2019, les anciens dispositifs tels que l’aide TPE jeunes apprentis, la prime régionale à l’apprentissage pour les TPE, l’aide régionale au recrutement d’un apprenti supplémentaire et le crédit d’impôt apprentissage (loi n° 2018-771 du 5 septembre 2018 pour la liberté de choisir son avenir professionnel).
L’aide unique à l’apprentissage est un avantage donné à l’employeur en échange de l’engagement :
- de formation d’un jeune (en CFA comme au sein de l’entreprise) ;
- et de la réalisation effective de cette formation.
Elle s’adresse aux entreprises de moins de 250 salariés.
Une nouvelle aide a été instaurée pour les contrats d’apprentissage conclus à compter du 1er janvier 2023. Cette aide d’un montant de 6 000 € maximum est octroyée uniquement pour la première année du contrat. Elle n’est pas cumulable avec l’aide unique à l’apprentissage.
Elle s’adresse aux entreprises de moins de 250 salariés sans conditions et aux entreprises de 250 salariés et plus sous condition d’atteindre un seuil de contrats d’alternance ou de contrats favorisant l’insertion professionnelle.
Fin des aides à l’apprentissage s’il y a rupture du contrat de professionnalisation
La modification des termes et conditions de l’échange (ou sa disparition pure et simple) impacte le bénéfice des aides à l’apprentissage.
L’aide perçue perd sa cause et doit être remboursée :
- si l’employeur ne commence pas à honorer son engagement ;
- ou ne le tient pas sérieusement et/ou effectivement ;
- ou cesse de le tenir en ne formant plus l’apprenti.
Rupture du contrat de professionnalisation : effets sur les aides
Voici quelles sont les conséquences sur les aides en cas de rupture d’un contrat de professionnalisation : aides
| Modalités de rupture | Aides concernées | |
|---|---|---|
| Aide financière | Réduction des charges | |
| Rupture pendant l’essai | Cessation au titre du mois suivant la date de fin du contrat et remboursement des sommes perçues indûment. | Cessation. |
| Accord commun des parties | Cessation au titre du mois suivant la date de fin du contrat et remboursement des sommes perçues indûment. | Cessation voire remboursement si fraude. |
| Résiliation unilatérale à l’initiative de l’employeur | Cessation au titre du mois suivant la date de fin du contrat et remboursement des sommes perçues indûment. | Cessation voire remboursement si fraude. |
| Résiliation unilatérale à l’initiative de l’apprenti | Cessation au titre du mois suivant la date de fin du contrat et remboursement des sommes perçues indûment. | Cessation. |
| Obtention du diplôme | Cessation au titre du mois suivant la date de fin du contrat et remboursement des sommes perçues indûment. | Cessation. |
| Rupture sur décision administrative | Cessation au titre du mois suivant la date de fin du contrat et remboursement des sommes perçues indûment. | Cessation voire remboursement si fraude. |
Formalités de rupture du contrat d’apprentissage
Voici à quelles formalités les employeurs et apprenti doivent se soumettre en cas de rupture du contrat de professionnalisation.
Formalités employeur : rupture contrat de professionnalisation
Lors de la rupture de contrat d’apprentissage, l’employer doit remettre au salarié :
- dernier bulletin de paie ;
- certificat de travail ;
- attestation Pôle emploi ;
- reçu pour solde de tout compte ;
- état récapitulatif de l’épargne salarial (si intéressement, participation, PEE, PEI ou PERCO dans l’entreprise).
S’il s’agit d’une rupture anticipée, il doit lui remettre une information du CFA, de la chambre commerce (ou des métiers) et de l’URSSAF.
L’employeur doit examiner sa situation et de celle de l’apprenti au regard des effets matériels, juridiques et/ou financiers des clauses du contrat de travail :
- la clause de confidentialité ;
- la clause de mise à disposition d’un véhicule ;
- la clause de non concurrence, etc.
L’employeur doit payer au salariés :
- les éventuelles indemnité compensatrice de congés payés ;
- le prorata (s’il est prévu) de primes et gratifications prévues par la convention collective, le contrat de travail lui-même, un usage, etc. ;
- le paiement d’heures supplémentaires et/ou régularisation de solde de repos compensateur ;
- le solde des jours de RTT ;
- le solde et liquidation du compte épargne temps (sauf transfert) ;
- l’épargne salariale (si demande de déblocage de la part du salarié).
Formalités apprenti : rupture contrat de professionnalisation
L’apprenti, comme tout salarié en fin de contrat, est normalement tenu de restituer à l’entreprise les biens et/ou matériel qui ont été mis à sa disposition (véhicule de fonctions, logement de fonctions, ordinateur, etc.).
L’apprenti a une obligation de remboursement s’il est débiteur de sommes d’argent à l’employeur.