La femme enceinte est protégée par le droit du travail : il est interdit de la licencier pendant son congé de maternité.
Par principe, en effet, pendant la période de congé de maternité, la salariée enceinte ne peut à aucun moment et pour aucun motif être licenciée pendant la durée totale du congé de maternité. Selon l’article L. 1225-18 du Code du travail, cette durée varie de 16 semaines (un enfant à naître) à 46 semaines (3 enfants à naître). Le point maintenant.
Congé maternité et licenciement femme enceinte
Information de l’employeur
La loi prévoit que la protection débute à la réception du certificat médical justifiant que la salariée est enceinte. Il est donc vivement conseillé de l’adresser à l’employeur par lettre recommandée avec avis de réception afin de se constituer une preuve de la date d’information (article R. 1225-2 du Code du travail).
Périodes où la salariée peut être licenciée
- avant le congé maternité ;
- après le congé maternité : pendant la période de 10 semaines suivant la fin du congé maternité.
Cependant, depuis le 9 juillet 2023 (loi n° 2023-567 du 7 juillet 2023 visant à favoriser l’accompagnement psychologique des femmes victimes de fausse couche), les femmes bénéficient d’une protection supplémentaire contre le licenciement. En effet, depuis cette date, les femmes sont protégées contre le licenciement pendant les 10 semaines qui suivent une fausse couche dite « tardive » ayant eu lieu entre la 14e et la 21e semaine d’aménorrhée incluse. Cette protection ne joue pas en cas de faute de grave de la salariée ou en cas d’impossibilité de maintenir son contrat pour un motif étranger à l’interruption spontanée de grossesse.
Motifs valables d’un licenciement
Deux motifs peuvent alors justifier le licenciement de la salariée en état de grossesse selon l’article L. 1225-4-1 du Code du travail :
- S’il existe une faute grave de l’intéressée, non liée à l’état de grossesse, à l’accouchement ou à l’adoption. (La faute grave constitue une faute de la salariée d’une gravité telle qu’elle rend impossible le maintien de la salariée dans l’entreprise, par exemple : destruction du matériel de l’entreprise,vol, abandon de poste).
- En cas d’impossibilité de maintenir le contrat de travail pour un motif étranger à la grossesse ou à l’accouchement (par exemple licenciement pour un motif économique).
Dans ces deux cas, le licenciement de la salariée est autorisé, mais ne doit pas être notifié pendant le congé de maternité, période de protection absolue de la salariée.
Licenciement femme enceinte : sanctions en cas de non-respect de ces dispositions
L’article L. 1132-4 du Code du travail dispose que le licenciement survenu avant le congé de maternité ou dans un délai de 4 semaines après celui-ci pour un motif différent de la faute grave ou de l’impossibilité de maintenir le contrat de travail pour un motif étranger à la grossesse est nul.
Selon les dispositions de l’article L. 1225-5 du Code du travail, le licenciement d’une salariée est annulé lorsque celle-ci envoie à son employeur dans les 15 jours suivant ce licenciement, par lettre recommandée, un certificat médical justifiant qu’elle est enceinte.
La salariée peut :
- saisir le conseil des prud’hommes pour obtenir l’annulation de ce licenciement, sa réintégration (c’est à dire demander son retour à son poste ou un poste équivalent) et le rappel de ses salaires jusqu’à la réintégration ;
- solliciter des dommages et intérêts.
Pour en savoir plus :
- Comment se fait le calcul de l’indemnité de licenciement ?
- Zoom sur le licenciement pour abandon de poste.
- Le point sur le licenciement pour faute grave.