Les congés payés constituent le type le plus classique d’absence au travail rémunérée. Les autres types d’absence peuvent être :
- des absences justifiées comme :
- les RTT ;
- le congé sans solde ;
- le congé sabbatique ;
- le congé création d’entreprise ;
- l’arrêt maladie ;
- le congé enfant malade ;
- des absences injustifiées.
Congés payés : un droit
Tous les salariés sont concernés par les congés payés, qu’ils soient :
- cadres, ouvriers ou employés ;
- en CDD ou en CDI ;
- à temps plein ou à temps partiel.
Le congé est payé par l’employeur. Ce dernier peut émettre des conditions sur l’organisation de la prise de ces congés. Par exemple, il peut exiger que le salarié pose ses congés un mois avant la date de début de ceux-ci. Le salarié est libre de faire ce qu’il souhaite pendant ses congés. Il lui est cependant interdit de travailler en tant que salarié pour une autre société.
Par ailleurs, un salarié peut faire don de ses jours de congés payés, correspondant à la 5e semaine, à un collègue ayant un enfant gravement malade (article L. 1225-65-1 du Code du travail), à un collègue venant en aide à une personne malade ou présentant un handicap (article L. 3142-25-1 du Code du travail), ou à un collègue qui est engagé dans la réserve opérationnelle afin de lui permettre d’effectuer une période d’activité dans cette réserve (article L. 3142-94-1 du Code du travail). La loi n° 2020-692 du 8 juin 2020 a modifié l’article L. 1225-65-1 du Code du travail pour étendre le don de jours de repos à un collègue en cas de décès d’un enfant âgé de moins de 25 ans ou d’une personne âgée de moins de 25 ans dont le salarié à la charge effective et permanente.
Le même dispositif s’applique aux agents publics civils des 3 fonctions publiques décret n° 2015-580 du 28 mai 2015, modifié par le décret n° 2021-259 du 9 mars 2021).
De même, un militaire peut renoncer à une partie de ses permissions non prises afin de les donner à un autre militaire ou un agent public civil relevant du même employeur que lui (décret n° 2018-863 du 8 octobre 2018).
Calcul des congés payés
Les congés payés sont acquis sur une période de référence qui s’étend du 1er juin au 21 mai de l’année suivante. Si l’entreprise choisit une autre période de référence pour le calcul des congés payés, elle doit le préciser au moment de l’embauche et le notifier dans la convention collective de l’entreprise.
Les salariés ont le droit à 2,5 jours de congés payés chaque mois soit 5 semaines par an. Le calcul des congés payés se fait en fonction des périodes de travail effectif.
Certaines absences au travail sont comptabilisées dans les périodes de travail effectif. C’est le cas :
- des congés payés ;
- des RTT ;
- du congé maternité ou du congé d’adoption ;
- du congé paternité ;
- des arrêts liés à un accident du travail, une maladie ou à une pathologie médicale reconnue ;
- des formations ;
- des activités syndicales.
Poser ses congés payés
Quelques règles doivent être respectées pour poser ses congés payés.
Sur les jours ouvrables
Les congés payés se prennent sur des jours ouvrables, c’est-à-dire des jours travaillés. Certains jours ne sont pas considérés comme des jours ouvrables, il s’agit :
- du dimanche ou du repos hebdomadaire ;
- des jours fériés ;
- des jours non travaillés par l’entreprise.
Poser ses congés payés en respectant les demandes de l’employeur
L’employeur peut, s’il le souhaite, organiser la pose des congés payés. Cette organisation permet :
- de toujours avoir les effectifs nécessaires au bon fonctionnement de l’entreprise ;
- de fermer l’entreprise pendant une période choisie ;
- de donner à chaque salarié l’occasion de partir sur une période désirée ;
- d’imposer un roulement sur les périodes très prisées.
Fractionnement des congés payés
Le fractionnement des congés payés permet de limiter le nombre d’absents sur les périodes de vacances. Grâce au fractionnement des congés payés, le salarié bénéficie de jours de congé supplémentaires s’il les pose en dehors de la période dite légale qui s’étend du 1er mai au 31 octobre. Les congés payés peuvent être pris de manière fractionnée lorsqu’ils sont supérieurs à 12 jours ouvrables.
Report des congés payés
Par principe, les congés payés acquis par un salarié doivent obligatoirement être pris au cours de la période de référence fixée au sein de l’entreprise. Si les congés payés ne sont pas pris au cours de cette période, ils sont perdus.
Toutefois, le Code du travail autorise le report des congés payés dans les cas suivants :
- lorsque la durée du travail est décomptée sur l’année et qu’un accord d’entreprise ou, à défaut la convention collective, prévoit le report ;
- après un retour de congé maternité ou d’adoption.
D’autre part, la jurisprudence autorise d’autres cas de report des congés payés. C’est le cas notamment lorsque le salarié se trouve dans l’impossibilité de prendre ses congés payés en raison d’absences liées à :
- une maladie ;
- un accident du travail ou une maladie professionnelle ;
- un congé parental.
Les congés payés acquis doivent être reportés après la date de reprise du travail.
Dès lors qu’un salarié refuse de manière constante de prendre ses congés annuels, il ne peut prétendre, en cas de rupture de son contrat de travail, qu’au paiement d’indemnités de congés payés dont le report a été accepté par l’employeur. En cas de refus de report, le salarié ne peut pas demander le paiement d’une indemnité de congés payés (Cass. soc., 15 janvier 2020, n° 18-13.341).
Congés pour les étudiants salariés
La loi Macron du 6 août 2015 a instauré un droit aux congés pour les étudiants salariés afin de leur permettre de préparer leurs examens. Il s’agit d’un congé non rémunéré.
Ce congé est égal à 5 jours ouvrables par tranche de 60 jours ouvrables travaillés prévus par le contrat de travail. Les étudiants doivent pouvoir prendre ce congé dans le mois qui précède leurs examens. Ce congé s’ajoute aux congés payés acquis.
Les étudiants peuvent en bénéficier dès lors qu’ils peuvent justifier de leur inscription au sein d’un établissement de l’enseignement supérieur.